Convention collective HCR : le texte, l'IDCC 1979 et son rôle
La convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants a été signée le 30 avril 1997 et étendue par arrêté le 3 décembre 1997. Elle porte le numéro IDCC 1979 et la brochure Journal officiel 3292. C'est cette référence que réclament votre expert-comptable, votre logiciel de paie et l'inspection du travail.
Une convention collective est un accord signé entre les organisations d'employeurs et les syndicats de salariés d'une branche. Elle complète le code du travail et, sur de nombreux points, elle prévoit des règles plus favorables. L'IDCC est simplement l'identifiant administratif attribué aux conventions collectives ; pour la convention des hôtels, cafés et restaurants, ce numéro est 1979.
Concrètement, un cuisinier est soumis à trois niveaux de droit : au code du travail, à la convention collective HCR et à son contrat de travail. En cas de contradiction, c'est la disposition la plus favorable au salarié qui s'applique.
À quoi sert la convention collective des HCR au quotidien
Elle fixe les points sur lesquels le code du travail reste trop général pour un restaurant. Elle traite en particulier :
- la durée du travail hebdomadaire et les majorations des heures supplémentaires ;
- les congés payés, les jours de repos et les jours fériés garantis ;
- la grille de classification et la rémunération minimale par niveau et échelon ;
- la nourriture du personnel et l'avantage en nature repas ;
- le préavis, la période d'essai et l'indemnité de départ en retraite.
Autrement dit, elle encadre l'essentiel de ce qui coûte de l'argent et du temps dans un établissement.
Entreprises concernées : le champ d'application de la convention HCR
Le champ d'application est défini par l'activité principale de l'entreprise, pas par son enseigne. Sont visés les établissements du secteur de l'hôtellerie et de la restauration commerciale, ainsi que les débits de boissons.
- hôtels avec ou sans restaurant, hôtels-restaurants saisonniers ;
- restaurants traditionnels, bistrots, brasseries, pizzerias ;
- cafés, bars, discothèques et autres débits de boissons ;
- traiteurs organisateurs de réceptions dans certains cas.
Restent en dehors la restauration collective, la restauration rapide (qui relève d'une convention distincte) et les cantines d'entreprise. Un doute sur votre situation se tranche avec le code APE et, surtout, avec la réalité de l'activité exercée : le code APE est un indice, pas une preuve. Chaque salarié doit voir la convention appliquée mentionnée sur son bulletin de paie et le texte doit rester consultable dans l'entreprise.
Temps de travail dans l'hôtellerie-restauration : 39 heures et heures supplémentaires
La durée légale reste de 35 heures. Mais la branche autorise une durée conventionnelle de 39 heures hebdomadaires, très largement pratiquée en cuisine et en salle. Les heures comprises entre la 36e et la 39e sont donc des heures supplémentaires, payées comme telles.
Comment calculer les heures supplémentaires selon la convention HCR
Les taux de majoration sont progressifs. Ils s'appliquent par tranches, sur la semaine civile, et non de façon globale.
| Tranche hebdomadaire | Nombre d'heures | Majoration applicable |
|---|---|---|
| De la 36e à la 39e heure | 4 heures | 10 % |
| De la 40e à la 43e heure | 4 heures | 20 % |
| À partir de la 44e heure | Au-delà | 50 % |
| Plafond hebdomadaire courant | 48 heures | Limite absolue à respecter |
Sur une base de 39 heures, un salarié cumule environ 17,33 heures supplémentaires par mois majorées à 10 %. Ces heures doivent figurer distinctement sur le bulletin. Au-delà des contingents prévus, un repos compensateur se substitue ou s'ajoute au paiement.
Repos, coupures et amplitude
La convention prévoit deux jours de repos hebdomadaire, consécutifs ou non selon la taille de l'établissement et les périodes d'activité. Le repos quotidien est d'au moins 11 heures, réduit à 10 heures pour certains salariés logés. L'amplitude quotidienne et le nombre de coupures sont eux aussi encadrés.
Sur le terrain, le litige prud'homal type n'est pas une grille de salaire mal lue : c'est un planning affiché à la main, jamais archivé, impossible à opposer six mois plus tard.
Un décompte écrit et conservé pendant au moins un an vaut mieux que n'importe quel accord verbal. C'est aussi ce qui vous protège en cas de contrôle.
Congés payés, jours fériés et 1er mai
Le principe reste celui du code du travail : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. La convention y ajoute des jours liés à l'ancienneté.
- 1 jour ouvrable supplémentaire après 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise ;
- 2 jours après 15 ans ;
- 3 jours après 20 ans.
Sur les jours fériés, la branche est allée nettement plus loin que la loi. Depuis l'avenant de 2007, les salariés bénéficient de 10 jours fériés garantis par an, en plus du 1er mai, dès lors qu'ils remplissent la condition d'ancienneté d'un an. Ces journées sont soit chômées et payées, soit compensées par un jour de repos, soit indemnisées.
Le cas particulier du 1er mai
Le 1er mai est le seul jour férié légalement chômé. Un restaurant peut néanmoins ouvrir, car l'activité le permet. Dans ce cas, le salarié perçoit, en plus de son salaire, une indemnité égale au montant de la journée : la rémunération est doublée. Cette règle ne se négocie pas et ne se remplace pas par un jour de repos.
Grille de salaires HCR et avantage en nature repas
La grille conventionnelle classe les emplois en 5 niveaux et 3 échelons, du commis au cadre autonome. Chaque poste correspond à un salaire minimum horaire. Un avenant salaires est négocié presque chaque année : avant d'appliquer une grille présentée comme « 2025 » ou « 2026 », vérifiez sa date de signature et son arrêté d'extension.
Deux réflexes suffisent à sécuriser la paie. D'abord, comparer le taux horaire réel au minimum du niveau, jamais au SMIC seul. Ensuite, vérifier que la revalorisation du SMIC n'a pas rattrapé les premiers échelons : dans ce cas, c'est le SMIC qui prime.
Les particularités des avantages en nature dans le secteur HCR
La nourriture fournie au personnel est un avantage en nature soumis à cotisations. Elle s'évalue en minimum garanti (MG) : un MG par repas, deux MG pour une journée à deux repas. Le MG s'élevait à 4,22 € au 1er janvier 2025, soit environ 8,44 € par jour et de l'ordre de 180 € par mois pour un temps plein.
Quand l'employeur ne nourrit pas les salariés, il verse une indemnité compensatrice de même valeur. C'est une ligne à ne pas oublier : oubliée pendant deux ans, elle se rattrape avec majorations. Les règles sociales sont ici spécifiques à la branche et l'URSSAF les contrôle régulièrement. Sur le même registre de vérifications formelles, l'affichage des allergènes et des mentions obligatoires en salle relève des obligations d'affichage applicables aux restaurants.
Contrat de travail, préavis de licenciement et départ en retraite
Le contrat de travail dans les HCR
Le contrat de travail écrit est la norme, y compris pour un extra. La période d'essai varie selon la catégorie : un mois pour un employé, deux mois pour un agent de maîtrise, trois mois pour un cadre, renouvelable une fois. Le contrat doit mentionner la convention collective applicable, l'emploi, le niveau, l'échelon et la durée du travail retenue.
Préavis de licenciement et démission
Les dispositions conventionnelles fixent des durées claires, hors faute grave :
- moins de 6 mois d'ancienneté : 8 jours pour un employé ;
- de 6 mois à 2 ans : 1 mois ;
- plus de 2 ans : 2 mois ;
- cadres : 3 mois quelle que soit l'ancienneté après l'essai.
Le salarié conserve, pendant le préavis, des heures pour recherche d'emploi. En démission, les durées sont généralement réduites.
Départ en retraite
Le départ volontaire à la retraite ouvre droit à une indemnité dès 10 ans d'ancienneté, calculée en mois de salaire et croissante avec l'ancienneté. La mise à la retraite décidée par l'employeur, elle, suppose que le salarié ait atteint l'âge légal permettant cette décision et donne lieu à une indemnité au moins égale à l'indemnité de licenciement. Le préavis applicable est celui du licenciement.
Où trouver la convention collective HCR en PDF, et la faire vivre
Le texte officiel est gratuit. Trois sources fiables, dans cet ordre :
- Legifrance, en cherchant « IDCC 1979 » : version consolidée à jour, téléchargeable en PDF ;
- le Journal officiel, brochure 3292, pour la version imprimée ;
- les organisations professionnelles de la branche, qui publient des synthèses commentées.
Méfiez-vous des PDF « convention collective HCR 2024 » ou « 2026 » diffusés sur des sites tiers : ils omettent souvent les derniers avenants salaires. Un texte périmé de dix-huit mois suffit à créer un rappel de salaire.
Reste le quotidien. Le respect du temps de travail tient à des plannings tenus, à un décompte horaire archivé et à des bulletins lisibles. Le reste de votre charge administrative peut être allégé ailleurs : la mise à jour des prix et des allergènes se gère en quelques minutes avec un menu en QR code, et les outils de gestion de carte évitent les réimpressions à chaque changement. Du temps gagné en salle, c'est du temps rendu à la paie et aux plannings.














